L' indice cynégétique d'abondance et l'âge ratio du CNB.

En effet ,toutes les décisions de gestion reposent principalement sur l'indice cynégétique d'abondance qui est le résultat d'études au sein du CNB, il est aussi utilisé par les instances de la chasse, c'est pourquoi aujourd'hui l 'ICA ne reflète pas la situation du terrain que l'on peut faire. L'ICA qui repose sur beaucoup de subjectivité et sur l'interprétation très différente des chasseurs participants.

Beaucoup de chasseurs qui participent ont-ils suffisamment de connaissances sur le comportement de la bécasse et de ses ruses pour analyser correctement le nombre de bécasses différentes vues, voilà une question qui demande beaucoup de reflexions et de réponses .Ces chasseurs ont-ils suffisamment d'expérience,sachant qu'aujourd'hui une bécasse en moyenne dans sa vie , n'effectue qu'une seule migration automnale , en conséquence les chasseurs prélèvent en grande majorité les très jeunes bécasses, les plus vulnérables. 

Je lis dans trop de revues spécialisées ou dans les bilans de la reproduction de la bécasse de l'ONCFS qui en regardant de plus près, on indique des bilans concernants la météo, mais rien sur la reproduction, aucun chiffre, sur la réussite des nichées, encore moins sur le nombre de bécasses observées, ne parlons pas de cheptel, sujet tabou ! Cette année va être une grande année bécassière, cette phrase est basée sur la météo et sur rien d'autre. La reproduction peut être bonne si l'on considére qu'un cheptel reproducteur a réussi. Mais si ce cheptel est en baisse dans ce cas le nombre de jeunes est en baisse, en quoi cela est une réussite pour l'avenir du cheptel bécasse, nous devrions nous posez les bonnes questions ,Boidot J-P 2011 rejoint également cette remarque. Quel cheptel de reproducteurs nous disposons pour affirmer que la reproduction est bonne. Est-il possible d'évaluer l'importance du cheptel bécasse, ci dessous une hypothèse établie sur des chiffres analysés par des scientifiques.

Aujourd'hui, nous devrions disposer de l'analyse de tous les carnets de prélèvements afin de connaitre les prélèvements véritables et ainsi constater l'évolution de ce cheptel reproducteur, hors actuellement en Aquitaine, comme en Bretagne, ce ne sont que des estimations, l'analyse de tous les carnets n'existe pas dans ces grandes régions bécassières . Prenons un exemple: comparons deux cheptels reproducteurs l'un avec 500000  bécasses et l'autre avec 1 million de bécasses, dans les deux cas nous pouvons obtenir une bonne reproduction, nous obtenons donc une reproduction deux fois moins importante dans le premier cas.

Cette démonstration nous indique qu'il faut être très prudents sur l'interprétation que l'on peut faire de l' ICA du CNB ou de celui de l'ONCFS qui est l'IAN(indice abondance nocturne) effectué sur des territoires sélectionnés et privilégiés qui ne reflètent donc pas l'ensemble du territoire. Une observation me semble troublante, la courbe de L' IAN de l'ONCFS est parallèle a la courbe de L'ICA du CNB.  L'ICA qui à mon avis présente beaucoup de faiblesses et il est le principal indicateur utilisé par les instances.  

D'après les documents de la mordoré du CNB pour la saison 2013/2014, le service béc@notes du CNB après analyse, 65%  des bécasses prélevées sont des jeunes , sachant que les jeunes bécasses sont nées en moyenne seulement depuis 7 mois . Nous avons donc un renouvellement à très court terme, les baguages démontre un taux de survie de 0,34 pour les bécasses de l'année et 0,44 pour les bécasses adultes, (ONCFS 2002 ). Cela me semble très dangereux avec une météo peu favorable et très peu marge de manoeuvre.

D'ailleurs, le baguage démontre que la bécasse vit moins longtemps dans les zones chassées, que dans les réserves.Seulement 99 jours de port de bague dans les zones chassées contre 261 jours de port de port bague dans les réserves( ONCFS ). 

En effet l'objectif à atteindre est un âge-ratio de 50%(FERRAND) par conséquent un âge-ratio qui atteint 69%(Ricaud) semble dangereux pour maintenir un potentiel reproducteur suffisant pour assurer la pérennité de l'espèce . La méthode de calcul que j'utilise indique un âge ratio de(69%), plus élevé que les instances, elle indique une précision accrue et plus cohérente avec le constat que l'on peut effectuer sur le terrain.

Becasse envol

Les scientifiques reconnaissent qu'une proportion élevée de jeunes bécasses traduit une forte pression de chasse. En revanche une proportion d'adultes importante sur un territoire indique que nous sommes dans une réserve de chasse ou dans un territoire récemment chassé. Pour confirmer la méthode utilisé, il suffit de constater l'âge ratio effectué sur des territoires privilégiés, il est toujours plus faible que l'âge ratio effectué sur des territoires de chasse.Un autre élément important vient malheureusement confirmer cette forme de calcul, comme vous l'avez constaté la saison suivante 2014/2015 a été médiocre sur le plan de la densité de la bécasse dans notre pays, même dans les régions généralement les plus fréquentées comme la Bretagne ou encore l'Aquitaine , nous avons trop prélévé l'année précédente(2013/2014), l'âge ratio à été de 69% (selon ma méthode)cela indique un prélèvement important de jeunes, cela indique aussi, on peut le supposer une bonne reproduction, mais sans aucune donnée sur le cheptel bécasse, les risques de mettre en péril cette espèce sont importants. Il faut aussi rappeller q'une grande majorité des bécasses est fidèle à ses sites d'hivernage(96% des bécargos de 2012 à 2017, P.Vignac) les risques de faire disparaitre la bécasse sur certains territoires sont réels , malgré la superposition des flux migratoires. 

D'après la méthode de calcul qui consiste à diviser le pays en deux grandes zones(voir tableau ci-dessous) en fonction de leurs importances du nombre de prélèvements. Elle me semble plus cohérente, plus précise, elle consiste à effectuer une moyenne de l'âge ratio (CNB 2013/2014) sur les 7 régions du littoral dans lesquelles il y a le plus grand nombre de prélèvements dont la moyenne de l'âge ratio étant de 75%  et pour le reste du territoire intérieur il est de 55%. Considérant que l'estimation des prélèvements  représente 736129 bécasses et que les prélèvements de la région du littoral représente 71.3% d'après les chiffres de la saison 2013/2014 du nombre de prélèvements total soit 524859  bécasses dont 75% sont des jeunes soit 393644, pour le reste du territoire l'âge ratio est de 55% et représente un prélèvement total de 211270 bécasses soit 116198 jeunes.

Pour connaître l'age ratio national il suffit donc d'additionner le nombre de prélèvements de jeunes des deux grandes régions , 393644 +116198 soit 509842 jeunes bécasses par conséquent on obtient un âge ratio supérieur à 69% c'est à dire plus élevé que l'âge ratio calculé  par le CNB qui indique un âge ratio de 65% pour la même saison 2013/2014 et l'IAN de l'ONCFS qui est de 61%. Le CNB dilue la zone des prélèvements important avec la zone comportant des prélèvements 2,33 fois moins élevé, alors que la zone des prélèvements important est composée de l'age ratio le plus élévé, allant même jusqu'a 79%.On peut en déduire que la différence est de 8 points entre l'ICA Ricaud et l'IAN de l'ONCFS.

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La méthode de calcul de l'âge ratio du CNB exclue le fait que les prélèvements ne sont pas homogènes sur le territoire national.

J'ajoute une remarque sur le fait qu'une part non négligeable de chasseurs du territoire intérieur immigrent sur les régions du littoral pour des raisons que vous savez , la facilité de mise en présence de scolopax rusricola, par conséquent les prélèvements sont sous-estimés. Sachant que pour l'instant sans la modification du carnet qui consiste à indiquer le nombre de bécasses prélevées dans un autre département n'est pas obligatoire , par conséquent actuellement nous n'avons aucun moyen pour connaitre ces prélèvements.

Pour simplifier le calcul , voici une hypothèse, d'après les chiffres de l'ONCFS , il faudrait un cheptel reproducteur minimum de 2091000 bécasses pour la france. A partir de ce cheptel moins les prélèvements théorique nous avons 1091000  bécasses. Sur ces 1091000 bécasses nous avons 62% de femelles(CNB) soit 676420 bécasses reproductrices X 67.2%( taux de succès des nichées GOSSMANN) nous obtenons 454554 bécasses femelles X 2.2(taux de jeunes par femelle, 2.4 FERRAND) on obtient le fameux million de prélèvements estimé en france par les instances.

calculs effectués dans une hypothèse ou il n'y a pas toutes les formes de prédations, par conséquent mon hypothèse est encore très optimiste, c'est bien pour cela qu'il faut preuve de prudence sur la gestion de cet oiseau . 

 

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